Regarder le monde avancer.

Il y a tant de gens, tant de choses qui passent et se passent, se surpassent et dépassent les obstacles. Il y a un flot qui semble impénétrable, comme une rivière au fond d'une ravine, qui s'écoule avec fracas, je la regarde depuis la rive, parfois mes pieds sont mouillés par un peu d'eau qui déborde.

Je longe lentement ces gens, cherchant quoi ? Peut-être une faille pour me glisser parmi eux, il fait froid au bord, froid et humide.

Parfois, je croise des personnes comme moi, qui marchent à coté, on fait un bout de chemin ensemble, mais ils se rejettent bien vite dans cette marrée humaine, avec une facilité déconcertante...

Parfois, des gens m'appellent à l'intérieur de la foule, je leur réponds, mais ils sont vite entrainés loin de moi, je n'ai même pas pu les toucher...

Et si j'arrêtais de longer le monde qui court si vite, si j'allais marcher seule dans la lande, passer un moment là-bas, et peut-être y rester ?

Peut-être y trouverai-je ce que je cherche, peut-être m'y trouverais-je, peut-être trouverais-je des gens qui prennent le temps, des gens qui ne sont plus pressés, des gens qui sont sereins ?