Ça fait plusieurs jours que j'hésite à poster un truc. Ça fait même une semaine tout pile. Mais franchement, je pense pas pouvoir ne pas le faire. J'y ai réfléchi, et non, je ne peux vraiment pas fermer ma gueule.

Toi, public, accroche toi. Ya 20093 caractères répartis en 3568 mots dans ce petit pamphlet, c'est mon éditeur de texte préféré qui me l'a dit. Donc si t'as la flemme, t'es pas obligé de le notifier, j'm'en fous, tu fais comme tout le reste du temps et tu restes dans ma pool de contacts facebook sans commenter ou apposer un like approbateur sur ce statut, et tout le monde sera content. Oui, parce que se faire mousser avec des petits "TL, DR", ça va bien, mais on n'est plus en maternelle.

En fait, je sais pas par où commencer. Si je le fais chronologiquement, ça va être long parce qu'il y a quand même deux-trois trucs qui remontent à loin. Donc on va partir de ce qui me gonfle le plus, et puis on verra bien comment ça se ficelle.

Il y a quelques jours, le 28 décembre, j'avais rendez-vous avec le Docteur Votadoro, à Montpellier, dans Polygone (un haut lieu de la vie ici, avec notamment plein de trucs à acheter si vous avez le budget, mon agence immobilière, et un cabinet de gynécologues). J'ai pris rendez-vous avec lui pour entamer une procédure d'avortement, car deux semaines avant, j'avais fait un test de grossesse s'avérant positif et expliquant le fait que depuis quelques temps, j'avais la gerbe H24. Oui, je le nomme, oui, parce que c'est le but, voyez-vous. Ce cher monsieur, on ne m'a pas dit d'entrée au téléphone que j'aurai à faire l'avance pour le voir, mais bon, ça, c'est limite pas grave. Pourquoi lui ? Bah le docteur que je vois d'habitude (Docteur Colomina) m'avait donné deux numéros, le premier répondait pas, le second c'était le cabinet et on m'a dit que ça allait être le Docteur Votadoro qui me verrait.

Je suis donc allée à Polygone, je vous laisse imaginer le monde un 28 décembre, pour ce rendez-vous. Je suis arrivée avec 10 minutes d'avance, parce que c'est bien d'être ponctuel. Avec moi, il y avait Edredombre qui a gentiment accepté de m'accompagner, vu que Y. était au boulot. Après de l'attente debout (c'est assez inconfortable quand on a la gerbe et qu'on voudrait juste passer son temps en Position Latérale de Sécurité), un remplissage de dossier rapide, et de l'attente assise, le """gentil""" Docteur Votadoro (vous avez noté les guillemets ?) nous a accueilli dans son cabinet. D'ailleurs, je mets des guillemets autour de 'gentil', mais je pourrais aussi bien en mettre autour de 'docteur', mais on y reviendra plus tard.

J'ai pas envie de vous passer les détails. Oui, je fais un post public pour ça et je vais mettre des trucs dégueus dedans, mais sérieusement, yen a ras le cul que tout ça soit au mieux entouré de papier dentelle histoire de rendre le truc politiquement correct, ou au pire tu et laissé au creux d'un cabinet médical, au fond d'une poubelle, là où on a mis le papier refilé pour s'essuyer. Donc toi, monsieur le futur employeur, qui lit mon mur pour savoir si je suis freak out ou bien si ça vaut le coup de me prendre dans ta boîte, voici un petit mix CV-lettre de motivation :
Je pense que j'en ai vraiment plus rien à cirer aujourd'hui d'être refoulée à l'entrée d'une boîte qui supporterait pas ce petit côté déglingué qui fait de moi autre chose qu'une plante verte. Ouais, je sais, on m'a déjà refusée en stage, et vous savez pourquoi ? Parce que je suis une "fille mère", une meuf qui a un gosse et pas de mari, ou en tout cas pas le père biologique du gamin. Et ouais, parce qu'il y a des cons partout, même que des fois ils bossent au service RH ou qu'ils sont patrons. Et parfois pour ces cons, bah si on est une femme, pour eux, on a pas le droit d'avoir des gosses hors mariage, mais pas le droit d'avorter non plus, faut pas déconner, et les capotes, c'est le diable, alors tiens, voilà ta belle ceinture de chasteté et ferme-la ma belle. Ouais, en informatique, on m'a refusé un stage d'un mois parce que j'ai un môme et que j'ai eu l'audace de quitter son géniteur. C'est beau, le progrès. Oui, parce que bon, devoir cacher ses opinions politiques, passe encore, mais ya des limites à l'hypocrisie, et bosser dans un environnement qui n'aurait pas accepté ma nature s'il me connaissait, je serais incapable de le tanker aujourd'hui. Donc oui, je vais mettre ce putain de statut en public, sur mon compte officiel, celui que ma famille, mes collègues, mes camarades de classe fréquentent. Parce qu'il y a des choses que des fois, j'ai envie de crier, mais comme j'ai pas la voix assez forte pour qu'elle perce jusqu'à vous, je vais l'écrire et vous l'étaler sur la tronche. Mais pas trop fort quand même : tu te rappelles du début ? Si tu veux pas lire, tu t'arrêtes et ça ira aussi bien.

Reprenons.

Votadoro, c'est un type plutôt jeune, il pourrait avoir l'air cool, enfin c'est pas un vieux con quoi, on s'attendrait pas à ce qu'il ait un comportement détestable. Mais c'est assez rapidement détectable, les gens comme ça. Ils posent des questions, vous regardent avec un sourcil levé et si jamais vous avez le malheur de vous exprimer sur un sujet sur lequel vous avez une expérience personnelle mais pas fait 8 ans d'études, vous rabattent la tronche avec une petite réflexion pas piquée des vers.
La consultation, ça a été rapide. D'ailleurs, c'est le problème. Comment est-ce que vous voulez qu'un gynéco aide quelqu'un à trouver un moyen de contraception adapté s'il pose pas de questions, ou qu'il porte un jugement très dur sur les réponses apportées ? Enfin, il m'a demandé pourquoi j'étais là, je lui ai dit que j'avais fait un test de grossesse, que j'avais vu un médecin le 18 décembre (date à laquelle la non-fameuse semaine incompressible de délai pour faire le choix d'avorter ou non débute), et qu'il m'avait orienté vers la clinique. Il m'a dit ok, et qu'il allait faire une échographie. J'aurais dû me douter du problème quand il m'a dit "Enlevez tout le bas".

Dans ma vie, je me suis faite violer quatre fois.

Dont trois fois par des médecins.

Le viol est défini par le Code pénal (article 222-23) comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.

Je pense que la plupart des médecins, spécialistes ou pas, n'ont pas compris cette définition. Je veux dire : par surprise. C'est pas comme si on m'avait prévenu. Et franchement, c'est problématique. Disons, que c'est assez destructeur. Comment est-ce que vous voulez aller voir un docteur si vous entrez dans son cabinet la peur au ventre ? Je vous assure que c'est loin d'être sain, et ça empêche pas mal de choses, notamment de prendre soin de soi.

Le Docteur Votadoro ne m'a pas demandé si je voulais une échographie abdominale. Bah oui, ce serait dommage de me rendre une consultation confortable. Mon côté théorie du complot à même tendance à dire que ce serait dommage de m'offrir "un avortement de confort", ou même "du confort dans mon avortement". Que si j'en garde un souvenir traumatisant, peut-être que j'éviterais de récidiver. C'est peut-être un truc, j'en sais rien ! Alors, pour ceux qui ne savent pas, il existe d'autres moyens de faire une échographie que celui qu'on montre dans les jolis films avec des femmes enceintes. Notamment la méthode endovaginale. Avec des mots sales, ça veut dire : se retrouver le cul à poil, les jambes en l'air et un godemiché à ultrasons dans la chatte :D TROP BIEN !

Grâce à sa baguette magique, le Docteur Votadoro a donc déterminé que ma grossesse avait débuté le 30 novembre (quelle précision, je suis sûre que vous en êtes bouche bée). Après ça, il a commencé à remplir le dossier pour la clinique. Il m'a dit "C'est encore bon pour la méthode médicamenteuse, vous appelez ce numéro et elles vous prendront en charge. Vous pourrez discuter avec elles d'un moyen de contraception." et il a posé des questions, du genre si j'avais eu des opérations et mes antécédents en matière de grossesse. Pour votre gouverne, j'ai eu un gosse, et j'avais avorté déjà une fois avant celle-là. Et oui, je suis pour le droit à l'avortement, et aussi pour le respect des autres et de leurs choix. Donc si x décide d'avorter puis cinq ans plus tard d'avoir un gosse, TANT MIEUX ! Et c'est pareil si c'est l'inverse ! Chacun fait ses choix et tout ce qu'on doit faire, c'est les aider à les assumer. Par exemple, surtout pas en répétant à longueur de journée à une fille enceinte "Nan mais tu ferais mieux d'avorter" alors qu'elle a officialisé son choix d'avoir son enfant. Du coup, j'ai dit au docteur que j'avais déjà eu deux grossesses dont une qui avait débouché sur une naissance et une sur un avortement, et il a finit de me classer dans la catégorie des "filles pas responsables qui prennent pas soin d'elles parce que ce sont des petites connes irresponsables". J'adore cette étiquette, parce qu'une fois qu'on vous l'a collée, on a le droit de se servir de vous comme paillasson. D'ailleurs, je ne comprends pas trop pourquoi c'est pas avec lui que j'ai causé de contraception, mais bon.

Quand j'ai commencé à lui expliquer que la pilule, c'est gentil, mais que j'en ai essayé trois qui me faisaient saigner H24 sans que ça étonne qui que ce soit (oui, on m'a dit que c'est normal de saigner tout le temps), dont une micro-dosée, il a levé son sourcil (celui dont je parlais au début) et m'a dit "Des pilules, il en existe beaucoup, vous savez.".

Je suis pas conne. Je suis pas non plus maso. J'ai donc fermé ma gueule devant ce gros con qui venait de me violer et de m'imposer un avortement médicamenteux. J'ai payé mes 69 euros, ce qui me permet de plaisanter sur le fait que je me suis faite violer une seconde fois, mais avec du gravier, pour bien accentuer le truc (et ouais, tu payes ton échographie aussi cher).

Il existe deux méthodes pour avorter : médicamenteuse et chirurgicale/instrumentale. La médicamenteuse, c'est prendre des pilules qui déclenchent une fausse couche. On peut le faire jusqu'à la fin de la cinquième semaine de grossesse (soit à peu près 7 semaines après les dernières règles). Je vous laisse consulter ce lien : http://www.ivg.social-sante.gouv.fr/ivg-medicamenteuse.html
Ce n'est pas envisageable pour moi. Je refuse de me déplacer deux fois dans un établissement de santé pour ça, je refuse d'avoir mal, et surtout je refuse de me retrouver chez moi, à saigner peut-être mais on sait pas trop parce que de toute façon, c'est normal de saigner ou de ne pas saigner. Oui, j'ai un problème avec la science médecine, mais j'y reviendrai.
La seconde méthode consiste à aller à l'hôpital se faire aspirer le contenu de l'utérus lors d'une opération, qui peut être faite sous anesthésie générale ou locale (de type péridurale, on est conscient mais on ne sent pas le bas de son corps). Idéalement, il faut attendre 7 semaines de grossesse (donc à peu près 9 semaines après les dernières règles) pour y recourir, en dessous le risque d'échec est trop élevé, m'a-t-on affirmé au téléphone. De la même manière, n'hésitez pas à lire ceci : http://www.ivg.social-sante.gouv.fr/ivg-instrumentale.html
(je viens de tomber sur ce petit paragraphe : << Les femmes qui choisissent l'IVG chirurgicale ont généralement dépassé les 7 semaines de grossesse ou ne désirent pas vivre le traumatisme d'un avortement médicamenteux dans la solitude de leurs toilettes ou de leur salle de bain, comme c'est souvent le cas pour celles qui optent pour l'IVG chimique hors établissement de santé. >>)

Mon premier avortement avait été chirurgical sous anesthésie générale.

De retour à la maison, Edredombre était juste cassé en deux (lui, les histoires de viol, ça lui pose un réel problème de conscience, vous voyez, pas comme à d'autres). Moi, bah j'étais cassée en deux, aussi. Genre "Mais qu'est-ce que je fous dans ce monde de merde ? On est encore au moyen-âge ? Ou alors c'est moi qui suis trop sensible, c'est pas possible ! Comment est-ce que ce genre de personne peut exercer ?" et autres considérations métaphysiques accompagnées d'une envie de vomir ma haine un peu partout. Le pire, ça a été de relater ça à Y. et T., je vous raconte pas le malaise total de devoir revivre le truc. On a décidé que je n'avorterais pas par médicament.

Le lendemain, on a appelé le numéro donné par le Docteur Votadoro. On leur a demandé si c'était possible d'avoir le choix dans la méthode (hey, au pire, on aurait raccroché et attendu que le délai soit dépassé). La meuf, elle avait l'air étonné que je veuille pas de cette méthode-là. Elle nous a dit, pas de souci. Elle nous a dit aussi que c'est le docteur... Votadoro qui s'occupe de ça.

LA JOIE DANS LE CŒUR !

J'ai dit que hors de question de revoir ce type.

On a cherché le contact de l’hôpital public, on les a appelés, j'ai eu un rendez-vous pour le 11 janvier. C'était ok pour les délais, étant donné qu'on a le droit d'avorter jusqu'à 12 semaines de grossesse et que j'en étais a priori à 4 semaines au moment où j'ai appelé, et qu'on m'a assuré que l'avortement serait rapidement fait après ce premier rendez-vous.

J'ai passé les deux semaines consécutives les plus horribles de ma vie. Et je pèse mes mots. Il faut savoir que la grossesse me rend malade comme un chien. J'ai envie de dormir à des moment aléatoire et incongrus, mais pas envie quand je devrais. J'ai faim, mais rien ne me fait envie. Je dois manger peu pour éviter de vomir, mais souvent sinon ça finit par me faire mal au ventre. Je ne peux plus boire d'eau parce que ça me donne envie de vomir, donc je me déshydrate. Je n'ai vomi qu'une seule fois, j'en suis fière ! Et merci à Y. et Edredombre de m'avoir supportée dans cet état, c'était pas easy et je sais que vous avez fait des putains d'efforts, big up.

Lundi matin, je suis allée à l'hosto. Et c'était cool. Vraiment. Meilleur accueil, ça n'existe pas. J'ai été vraiment époustouflée de voir le contraste avec ce que je m'étais tapé. J'ai eu d'affilée une consultation avec une interne, une sage-femme et un anesthésiste. Edredombre était encore là (il me suit, je l'ai adopté et de temps en temps je lui donne un os à mâcher).
L'interne qui m'a reçue a été très sympa. Jamais dans le jugement. Des questions simples et claires. On a discuté de pourquoi j'étais enceinte, je lui ai dit que la pilule, je ne peux pas, qu'on m'avait proposé le stérilet en cuivre, à poser direct lors de mon premier avortement, mais que finalement ça ne s'était pas fait, au dernier moment. Que je n'avais pas revu de médecin par la suite pour m'en faire poser un (vous vous rappelez du paragraphe sur le viol par les médecins, et la peur au ventre, and co ?) et que du coup c'était préservatifs. Je lui ai pas dit, mais je le précise ici : étant allergique au latex, les boîtes que j'utilise, ça coûte entre 8 et 10€ les dix. C'est un réel budget, et d'ailleurs je ne comprends pas que ce ne soit pas remboursé par la sécu. Elle m'a dit que si j'étais toujours intéressée par la pose d'un stérilet, qu'ils pouvaient m'en mettre un pendant l'opération. J'ai décidé de faire la fille responsable (pour changer, LOL) et j'ai dit ok. Elle m'a refait une échographie, parce que les clichés du Docteur Votadoro étaient pas assez précis pour elle. Elle était abdominale. Elle m'a dit aussi que si elle ne voyait rien, elle risquait de devoir passer en endovaginale. Vous voyez, c'est pas compliqué de prévenir, merde ! On a regardé l'échographie. Un embryon, à cet âge, ça ressemble à un gros haricot rouge, avec des bras et des jambes. Et ça bouge vachement. Des fois, quand j'y repense, ça me fait mal, mais c'est une autre histoire.

L'échographie a permit de déterminer que la grossesse datait du 7 novembre.

Vous pouvez scroll. Le """docteur""" Votadoro avait donné la date du 30 novembre. Vous savez ce que ça fait, en nombre de jours ? On obtient un décalage de 23 jours. C'est plus de trois semaines. J'aurais avorté de manière médicamenteuse à au moins huit semaines de grossesse. Je n'ai pas envie de m'attarder sur ça. Mais franchement, je peux vous dire que quand j'ai fait les calculs, ça m'a fait une troisième fois mal au fion.

J'ai avorté le 13 janvier. Tout s'est très bien passé. Depuis, j'ai mal au ventre, des fois. Le spasfon est devenu mon meilleur ami. J'ai la visite de contrôle le 29 janvier au matin.

Vous savez comment on enlève/change un stérilet ?

Vous savez ce qu'il y a écrit sur la notice du mien ?

Vous savez ce que c'est de se balader avec l'étiquette de quelqu'un de pas responsable sur la tronche ?

J'ai fait de nombreux choix dans ma vie. S'il y en a que j'assume pleinement, ce sont bien mon gosse, et mes deux avortements. S'il y en a que je subis, c'est la pose d'un stérilet parce que "Comme ça, on arrêtera de me faire chier bordel de merde". J'aurais voulu me faire clipser les trompes. D'ailleurs, big up aussi à la maman de Edredombre qui a longuement discuté avec moi, c'est quelqu'un de cool. Mais il y a un délai de 4 mois pour bien avoir le temps de se décider, pour les clips. Et puis, il faut le considérer comme définitif. D'ailleurs, regardez ce document : http://www.choisirsacontraception.fr/pdf/sterilisation.pdf
Monsieur, si tu veux te faire stériliser, n'aie pas d'inquiétude ! Nous pouvons conserver un peu du contenu de tes couilles si jamais tu veux des gosses quand même !
Madame, si tu veux te faire stériliser, tu dois considérer ça comme définitif ! Même si c'est aléatoire ! Et si jamais tu veux des enfants plus tard, ne t'en fais pas, tu seras traitée comme une gamine qui a fait un caprice ! Non, on ne précise rien quant à la conservation éventuelle d'un ou de plusieurs oeufs. Faut pas déconner !

Pour enlever un stérilet, on prend une pince, on attrape les fils qui dépassent du col de l'utérus, on dit à la bonne femme de tousser un coup et paf, on tire.

Oui, c'est douloureux. Mais vous en faites pas, ça dure pas longtemps !

J'attends ce moment avec joie.

Sur la notice de mon stérilet, il est écrit : << Le ou les mécanismes d'action des DIU [Dispositif Intra Utérin, NDA] sont encore mal connus. Des études récentes montrent que le mécanisme d'action le plus probable est lié à la présence de cuivre. Les DIU au cuivre empêchent la fécondation par action sur la vitalité des spermatozoïdes. Le cuivre aurait également une action sur la vitalité de l'ovule : c'est pourquoi les DIU ne sont plus considérés comme moyens de contraception pouvant avoir un effet abortif. >>
On l'utilise depuis des années.
On ne sais pas comment il fonctionne.
Mais ça fonctionne, alors c'est ok.
En plus sur le mien, ya la Joconde dessinée, si c'est pas la classe.

Je sais pas quoi dire pour conclure. Pourquoi pas un petit paragraphe du style : "Je hais ce monde où la majorité des moyens de contraception sont féminins, et où ceux qui existent pour les mecs sont soit totalement invasif (cf vasectomie) soit non remboursés (cf préservatifs). Je hais ce monde où des médecins peuvent en arriver à nous examiner comme des vaches à l'abattoir, et au suivant, un peu comme Jacques Brel chantait. Je hais ce monde où des professionnels de santé cherchent à nous forcer la main pour faire un choix dicté par leurs opinions personnelles et non par nos besoins et spécificités. Je hais ce monde où on s'en fiche de demander à une femme si elle accepte qu'on lui foute des trucs à l'intérieur avant de le faire, parce qu'on est médecin et qu'on a donc tous les droits. Je hais ce monde qui préfère me dire que je suis irresponsable et une petite conne plutôt que d'essayer de comprendre pourquoi j'en arrive là. Je hais ce monde parce qu'il m'a conduit dans le cabinet du Docteur Votadoro par une succession de coïncidences et de faits qui me sont tombés dessus et ont influencés ma manière d'exister. Et je hais la communauté Yelp, qui pour le coup, n'a vraiment pas un avis très précis sur ce gynéco."

Je te laisse, jeune petit public. J'espère que t'as au moins autant mal au cul que moi d'avoir lu ça. Et si tu veux, je serai en dédicace du 25 février au 31 mars dans les environs de chez moi, si tu veux débattre de ce que j'ai écrit.