Dans les épisodes précédents : paroles-et-tralalas.karmaos.com/post/158

Je vais essayer d'utiliser des techniques de communication non violente pour en parler, afin que ce soit le plus clair possible et que mon point de vue soit compréhensible, c'est à dire qu'on ne s'arrête pas sur la forme alors que c'est le fond qui prime.

Nous sommes rentrés dimanche dans la journée. T. et moi nous sommes arrêtés sur une aire d'autoroute pour changer de conducteur, profitant de la halte pour manger une glace et boire. Le GPS annonçait 2h06 de trajet, nous n'avons pas mis bien plus de temps. La première partie du voyage s'est déroulée dans la campagne, c'était assez sympa une fois qu'on a eu quitté les routes de montagne (ni T. ni moi ne sommes à l'aise là-dedans).

Une fois à la maison, on a commencé à ranger, parce que l'appartement est en ce moment un vrai merdier, c'est une catastrophe. Pendant la précédente période école, on a eu une semaine de projet et pas mal de devoirs, plus des rendez-vous pour le nain, on s'était franchement laissé aller côté rangement/nettoyage, ça en devenait invivable. On a rangé la cuisine, puis j'ai monté les étagères qui étaient en petits morceaux depuis un moment sur le plan de travail, j'ai rangé les bouteilles (condiments et alcools forts) dessus, j'ai nettoyé le plan de travail et remis les épices dans l'ordre. T. a rempli et lancé le lave-vaisselle. Il a nettoyé un certain nombre de trucs aussi, mais j'avoue ne pas avoir fait attention aux détails. Je me suis disputée avec T. en faisant ça, à cause je suppose de ma patience rongée par les événements de la matinée, ce qui fait que le montage des étagères s'est fait en deux fois, avec un bain au milieu pour me calmer.

Nous sommes ensuite sortis pour aller au lavomatic, vers 18h45, parce que ma couette sentait trop le tabac pour qu'il soit agréable de dormir dedans. Pendant le trajet, nous avons discuté et nous nous sommes une seconde fois disputés. Arrivés au lavomatic, nous avons passé une heure sans nous parler. Nous sommes rentrés, toujours en froid, j'ai étendu les couettes et je suis allée m'allonger. Je me suis endormie, et T. a fini par me rejoindre, en travers du lit. Nous nous sommes réconciliés et avons convenu de reparler de ça plus tard.

Pause : Malheureusement, j'écris la fin de ce texte plusieurs jours plus tard, j'ai donc perdu énormément de souvenirs de cette journée...

Le soir, j'ai demandé à Edredombre s'il voulait m'appeler, ce qu'il a fait. J'ai mis le téléphone en haut parleur pour que T. et Yann puissent entendre la conversation. Edredombre m'a dit que la maison dans laquelle ils allaient passer les prochains jours n'avaient pas l'eau courante, et qu'ils s'en étaient aperçus en arrivant. Il m'a également dit que ses parents passaient leur temps à remettre en cause son autorité sur le nain, et à lui dire à la fois que nous étions trop contraignants et qu'on lui passait tout (au nain). Il m'a dit que son père, en arrivant, lui avait dit qu'il ne souhaitait plus faire de camping avec nous, car nous n'avions rien fait au chalet le week-end du mariage, et donc que nous sommes des fainéants et des égoïstes.

Dans la vie, j'essaye de me consacrer aux autres un maximum. Par exemple, j'ai laissé ma chambre à Edredombre, le temps que nous lui fabriquions son lit, pour qu'il puisse passer la nuit sur son PC sans déranger personne (il est insomniaque). Cette situation provoque de l'inconfort pour moi, mais je le fais quand même. Je passe aussi du temps à essayer de finir mes études dans une école que je n'aime pas et dans une entreprise que je n'aime pas pour avoir un salaire suffisamment élevé pour assurer à ma famille un pouvoir d'achat assez haut et garantir leur confort. L'insulte "égoïste" passe donc extrêmement mal. Les deux seules personnes m'ayant sorti ça sont ma mère et le père de Edredombre. Ma mère me l'a dit en face au cours de la seule "discussion" (comprendre "dispute ou j'ai tenté de lui exprimer mon point de vue sur la vie") que nous ayons jamais eu, et le père de Edredombre a fait la réflexion dans mon dos (chose que je ne supporte pas, dû à mon passif de personne qui a été bully).

J'ai donc explosé. Pas littéralement, encore heureux ! Mais c'était trop. Trop de n'importe quoi d'affilée.

J'ai demandé à Edredombre de me passer son père et j'ai commencé à essayer de discuter avec celui-ci. J'ai dit que je ne voulais plus qu'ils gardent mon fils dans ces conditions, et que ce qu'ils faisaient était intolérable. Après la cinquième fois qu'il m'ait coupé la parole, n'en pouvant plus et étant excédée du comportement de cet homme, je me suis mise à hurler (T. s'est réfugié dans la chambre, les disputes le font se sentir mal). Hurler comme il ne m'est arrivé qu'une autre fois de hurler, contre la manager des Temps d'Accueil Périscolaire de Nîmes, qui nous avait traités de menteurs, Yann et moi.

Je ne sais plus ce qu'il s'est passé, si j'ai raccroché ou passé directement le téléphone à Yann. Je crois que je l'ai passé à Yann, et je suis allée m'isoler pour réfléchir à une solution. L'aller-retour dure 12/13h à peut près en voiture. Je ne pouvais pas me permettre de le faire, bossant le lendemain, Yann pareil. T. était en vacances, mais je n'allais pas l'envoyer faire ça tout seul, ça aurait été trop dangereux. Le nain avait avec lui à transporter un sac de voyage et son siège auto. Edredombre quant à lui avait son édredon, un sac d'affaires et sa sacoche d'ordinateur portable. Lui demander de revenir en train dans ces conditions n'était donc pas envisageable, d'autant plus qu'il a peur du train. Le covoiturage était également à exclure au vu du volume d'affaires à transporter.

Au bout d'un moment, Yann est venu me rendre le téléphone, en m'expliquant que la mère de Edredombre voulait me parler. Elle m'a dit des choses horribles, mais avec un ton globalement calme, un peu plaintif. Elle m'a dit que Edredombre était son fils, et qu'ils avaient le droit de s'inquiéter pour lui. Que depuis qu'il était avec moi, il était tout le temps fatigué. Que son état (l'état d'Edredombre) l'effrayait. Je n'ai pas compris ce que ça signifiait, dans la conversation. Edredombre quant à lui voulait rester chez ses parents jusqu'à la fin de la semaine, je ne pouvais donc pas du tout compter sur lui pour récupérer le nain. J'ai donc fini par couper la mère de Edredombre, lui disant qu'elle avait pris en otage mon fils puisque je n'avais aucun moyen de le faire revenir, et donc qu'ils allaient le garder comme convenu, mais que je ne voulais plus parler avec eux. Je lui ai ensuite repassé Yann (qui me faisais des signes comme quoi il ne voulait pas, mais je n'étais pas en état de clore une conversation). Il devait être 23h et des brouettes.

Une fois le téléphone raccroché, je me suis mise à pleurer, et à demander à Yann et à T. si j'avais bien fait de faire ça ou pas, du fait que ma réaction avait été extrêmement violente. Ils m'ont dit que le comportement des parents de Edredombre dépassait l'entendement, et que même si j'avais explosé, ils comprenaient ma réaction.