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smiley : whatchutalkingabout_smile La remise en question n'est pas donnée à tout le monde - De l'art d'intervenir dans des situations lorsqu'on est coincé dans ses principes archaïques

Contexte :

Réseau social


Intervenants :

MarianBk, personne se qualifiant de "vieux", photo de profil d'un homme blanc portant la barbe.

Casquette, moi.


Échange :

MarianBk

Cet été en allant récupérer la 2ds xl de ma fille dans une boutique de JV, je suis tombé sur une mère et son ado en train d'acheter GTA5. J'ai pas pu m'empêcher de lâcher un:
"Très bon jeu. Par contre, tu feras gaffe après tes premiers meurtres et braquages à bien investir l'argent en bourse. Ça te permettra d'acheter le club de striptease et de te faire sucer gratuitement." Avec un grand sourire à destination de la mère. Elle a pas pris le jeu.

quel était le but exactement ?

MarianBk

Le but? Informer une mère du contenu d'un jeu qu'elle allait acheter à un gamin de 12-13ans.

Casquette

c'est pas un peu parti-pris, cette explication du jeu ?

Non.
Je pense que comme tout gamin, il a vendu à ses parents le jeu comme un jeu de bagnole. j'ai juste dévoiler l'autre face du jeu, qui est d'ailleurs le coeur du jeu.
Tu penses qu'un jeu comme GTA est adapté aux ados? Entre les actions et le contenu "parodique", perso, j'ai un doute.

je pense que les êtres humains sont capables de faire la différence entre ce qui est dans un jeu et la réalité. Les gens que je connais qui ont joué à GTA à cet âge ne sont pas des légumes décérébrés.

Par contre, pourquoi ne pas se battre contre l'affichage publicitaire par exemple, montrant le corps des femmes toujours de la même manière et le sexualisant à l'excès ? Pourquoi ne pas se battre contre les stéréotypes véhiculés dans notre société qui sont eux bien ancrés IRL ?

Je pense que les gens doivent réfléchir à ce que n'importe quel contenu culturel véhicule comme idée.s. Pas uniquement "les trucs hyper violents". Et à mon avis, l'ado en question doit regarder la télé, donc il est déjà exposé à des choses violentes *et* des stéréotypes à longueur de journées.

Enfin, de mon point de vue, je trouve que c'est pas à une personne inconnue de débarquer comme ça pour ruiner la journée voire plus d'une autre personne. Je pense que tu n'as pas idée de ce que ce genre de comportement peut engendrer. Maintenant, imagine un peu l'ado qui rentre chez lui, il va se prendre quoi comme réflexions côté parent.s ? Que c'est un obsédé ? Que c'est un taré ? Qu'il va finir avec un fusil à tuer des gens dans son collège ?

Je pense que tu as déjà agis toi-même en suivant des stéréotypes bien ancrés dans ta culture : ne validant pas le contenu "pour son âge" (c'est de l'âgisme, de penser qu'une personne plus jeune est moins intelligente qu'une personne plus vieille), tu as décidé de faire quelque chose "pour son propre bien" (paternalisme) d'une manière très peu cordiale.

Tu aurais aussi pu simplement essayer d'aborder le garçon en lui demandant s'il connaissait le contenu du jeu et pourquoi il voulait absolument celui-là. Quitte à lui en proposer un autre en lui disant "il sera plus adapté à ton besoin".

Le seul stéréotype que je vois est ton intervention. Je ne développerais pas car ce serait une perte de temps. Bonne journée

 


Conclusion :

MarianBk étant une personne cherchant à être encensée pour son héroïsme de bon père se voit démontrer qu'il a mal agit. Par conséquent, comme la plupart des êtres humains non capables de remise en question, il conclut l'échange par un magistral "c'est celui qui dit qui est".

mardi 21 novembre 2017 à 10h28 par Darck Crystale | # | 2 commentaires

smiley : broken_heart Se jeter dans le vide

Moi : COOL DES GENS JE VEUX LES RENCONTRER !

Also moi : Finalement, il vaut mieux que je reste dans une cave loin des gens. Je suis dangereuse. Please kill me.

 

 

Jeudi soir, j'ai rencontré de nouveaux gens. Des gens que je côtoie un peu sur internet.

Puis j'ai blessé ces gens.

Première fois que je pouvais les voir en face de moi et j'arrive à les blesser...

 

J'ai mis deux jours à passer au delà du dégoût que je m'inspirais à cause de ça. Deux jours à regarder le plafond la nuit sans fermer l'oeil. J'en ai un peu parlé avec quelqu'un, rapidement, qui m'a dit que si la personne que je pensais avoir blessée me disait que c'était ok, je n'avais pas à m'en faire.

J'ai vu leurs regards.

J'ai vu leur expression.

J'ai vu la manière de répondre à mes messages.

J'ai vu les changements dans la manière d'interagir avec moi sur internet.


Et bon sang je SAIS que ça lui a fait mal parce qu'iel m'a DIT que c'est quelque chose qui lui faisait mal au quotidien !



Bref, j'ai mis deux jours à dépasser ça, ce sentiment de honte, gêne, tristesse, dégoût de moi... et ça fait toujours remonter de sales sentiments, de sales souvenirs.




Puis je vous vois toustes, peiner à vous apprécier, haïr vos propres erreurs et les comportements que vous voudriez ne pas avoir.

On est dans le même bateau, non ?

On finira par y arriver.

mercredi 08 novembre 2017 à 08h55 par Darck Crystale | # | 7 commentaires

smiley : heart Remerciements

Plus le temps passe, moins mes capacités cérébrales sont au rendez-vous.

 

Du mal à me concentrer, du mal à faire plusieurs choses à la fois, souvent j'oublie ce que j'étais en train de faire... et puis j'oublie des choses plus anciennes aussi, des faits un peu anciens. J'espère que ça passera.

 

Tout ça pour dire que je ne sais pas si je vous ai remercié ici pour le soutien dont vous avez fait preuve pour moi, quand j'étais plus jeune, et encore maintenant. C'est quelque chose qui me touche et c'est important pour moi. Vous faites partie des personnes qui font que je me sens mieux et que je pense que vivre, finalement, ça se fait.

 

 Un événement particulier auquel je pense.

 

Pour tout ça, merci.

vendredi 03 novembre 2017 à 16h49 par Darck Crystale | # | 5 commentaires

smiley : confused_smile J'ai cassé un de mes blogs

Au secours Stéphane, j'ai cassé mon nouveau blog en miss-cliquant sur un widget !

J'ai ajouté sans le faire exprès le widget de liste cadeau de Amazon, ça a complètement cassé le blog, et je ne peux plus le supprimer (le widget) D:

jeudi 19 octobre 2017 à 07h06 par Darck Crystale | # | 4 commentaires

smiley : broken_heart Condoléances

Parmifèr, hundrix et moi-même souhaitons beaucoup de courage à Fleur et nous lui présentons nos plus sincères condoléances pour DJM...

mardi 03 octobre 2017 à 09h07 par Darck Crystale | # | 2 commentaires

smiley : envelope Petit mot en passant

Coucou, juste pour dire que je suis vivante, je n'avais pas trop le coeur à passer par ici en ce moment... Je n'ai pas eu le temps de tout lire, j'espère que vous allez bien !

mardi 30 mai 2017 à 19h12 par Darck Crystale | # | 1 commentaire

smiley : heart Ma soeur

Hey salut,

j'espère que tu dors et que vous allez tous bien, dis moi si tu ne veux plus jamais me parler et que tu me détestes, mais j'aime bien avoir des nouvelles de ma soeur parfois, pas le bullshit aux parents, des vrais nouvelles, celles qui font mal et qui sont pas roses et pas "ça va" qui veut rien dire.
J'ai toujours eu l'impression que tu me détestes mais que tu n'oses pas le dire, que tu n'as jamais voulu me parler ou jouer avec moi, tu dis que c'est de ma faute parce que je suis la plus horrible des soeurs, t'inquietes c'est intégré, je pense pas que tu aies jamais vraiment voulu me parler de choses importantes et que je les decouvre seulement après alors que j'aime comprendre et voir les choses. Je n'aime pas mentir non plus, si tu crois que c'est ce que j'ai toujours fait avec toi, je ne pourrais jamais te faire changer d'avis alors mais j'aimerais te dire que malgré tout, je t'aime car tu es ma grande soeur, la personne que j'ai toujours admiré et aimé et dont j'avais besoin aussi mais tu ne m'autorisais pas.

Aujourd'hui on est tous grands et je voudrais qu'on repare les choses, je suis désolée pour la discussion qui t'as fait pleurer, je ne voulais pas que maman soit là mais elle s'est imposée, on en a parlé avec L. même pour nous ça nous fait chier quand elle s'incruste, donc je suis désolée, je lui ai demandé de partir quand tu étais aux toilettes mais elle ne voulait pas.

Je suis désolée pour toutes les choses que tu as en toi qui sont de ma faute, je n'ai jamais voulu faire de mal, ce n'est pas ma nature du tout, et peut être qu'un jour tu me connaitras vraiment et on pourra parler de ces choses qu'on a en commun mais que l'on ne s'est jamais dit. Je t'aime et j'aime savoir comment tu vas, même si ça va pas. Je veux te comprendre et ne pas passer une vie à se voiler la face plutôt que de parler.

Ne pleure pas à cause de moi et de ça, s'il te plaît ne sois pas en colère, je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit ou t'imposer quoi que ce soit. Ne pense pas que je suis contre toi, je ne l'ai jamais été et je ne veux jamais l'être. Ne te braque pas si tu crois que tout est faux, je ne sais pas comment te parler, apparemment toi non plus mais j'essaye, peut être que je ne fais pas partie des gens qui pourraient t'intéresser ou que tu choisisses de parler avec... J'espère que tu ne seras pas mal avec ce message, je pense qu'il faut qu'on puisse se parler en vrai. Je vous souhaite vraiment d'aller bien et mieux là où vous êtes. C'est assez maladroit mais je ne veux pas te faire de mal.

 

PS: merci pour le Tshirt moche, tu aurais pu me le dire en face je pense, je ne te connais pas, tu ne me connais pas et personne n'a cherché à faire un pas vers l'autre, il y a de belles pensées philosophiques à propos de la valeur que l'offreur met dans un cadeau offert, y mettre beaucoup d'argent c'est y mettre beaucoup de soi, et on peut être déçu quand l'autre ne rend pas la pareille. Navrée de ne pas t'avoir acheté un truc hyper cher, je n'ai jamais eu de probleme avec le prix de mes cadeaux, c'est que je n'avais aucune idée de ce que tu aimes ou es.

 

Si tu ne veux plus me parler, dis le moi ça nous évitera des faux-semblants.
Bonne nuit, peut être bonjour

 

Aussi dis moi combien tu donnais à maman avec la CAF que nous t'avons volée, je peux te la rembourser, j'ai toujours cru que tu avais besoin d'une adresse à sainté et je n'ai jamais perçu cet argent, donc je n'ai pas pensé que ça te manquerait vu que tu ne l'aurais pas touchée à la maison et que même moi je ne savais pas vraiment pourquoi faire ça sinon pour l'adresse a sainté pour toi. Donc donne moi le montant mensuel exact et je te le rendrai en versements mensuels puisque ça te fait défaut aujourd'hui et pas moi.

jeudi 09 mars 2017 à 15h04 par Darck Crystale | # | 6 commentaires

smiley : envelope Le sexime

Introduction :


Je considère que tout le monde peut être sexiste. J'ai même tendance à penser que tout le monde est sexiste et raciste, car notre image du monde est forgée par notre culture, qui est profondément sexiste et raciste.

Une femme comme un homme peuvent être sexistes. Un blanc comme un noir peuvent être racistes.

Et bah c'est pas pour ça que je vais arrêter de me casser le trognon à tenter de faire disparaître tout ça, parce que je pense que globalement, l'humanité se porterait mieux si on n'avait pas ces clivages qui nous pourrissaient la vie.

Nous partirons ici de ce qui existe, et pas des opinions de chacun. L'argument "je ne pense pas comme ça" sera donc irrecevable.

Partie 1 : le féminisme et la théorie du genre**

Plusieurs courants du féminisme reconnaissent l'existence de ce nous avons décidé d'appeler "Genre". On aurait pu appeler ça "Rhinocéros", ça aurait été pareil (enfin, on l'aurait sans doute moins souvent confondu avec "sexe", selon moi, et donc ça aurait été préférable, mais bon...). Je vais donc utiliser le terme Rhinocéros pour l'article, comme ça on ne risque pas de se planter.

Le sexe biologique : Plein de gens pensent qu'il n'existe que deux sexes : femelle et mâle. Adam et Ève, rajouterais-je. Vision très étroite de la réalité des choses. Il existe plein d'autres sexes, mais quand on en parle, les gens considèrent que ce sont des "malformations", des "maladies", des "gens à soigner". Or, comme les Sourds, pourquoi serait-ce ces personnes qui seraient à plaindre ? Malformées ? Anormales ? Elles sont différentes, c'est tout.
Il existe donc plus de deux sexes.

Le Rhinocéros : De la même manière, on considère qu'il n'y en a que deux : féminin et masculin. Le rhinocéros féminin, ça porte plein de choses : être petite, mignonne, frivole, discrète, aimante. Le rhinocéros masculin quant à lui doit être viril, fort, puissant, courageux, s'affirmer.

Je rappelle : il ne faut pas confondre sexe et rhinocéros.

On applique le rhinocéros féminin aux femelles, et celui masculin aux mâles.

Or, il existe une foultitude de rhinocéros : plein de gens sont en même temps aimant et courageux, frivoles et forts... Tous ces rhinocéros ne trouvent pas leur compte avec uniquement le féminin et le masculin. Donc il faut créer d'autres genres, ou trouver un moyen de les représenter tous en une fois, pour ne pas en exclure. Car tant qu'il n'y a que féminin et masculin, il n'y aura deux rayons de jouets à Noël au supermarché, le rayon rose et le rayon bleu. Les gens sur lesquels on met l'étiquette "rhinocéros féminin" doivent aimer le rose, porter des robes, jouer à la poupée. Les gens "rhinocéros masculin" doivent adorer Spiderman, le bleu, les jouets de construction et les voitures. Entre les deux, il n'y a rien. C'est ce moment où un enfant de 5 ans est traité de PD parce qu'il joue à la poupée, en 2016.

Partie 2 : le sexisme de la langue française**

La langue française est normalisée par une assemblée de vieux mecs. Comment pourrions-nous croire qu'ils sont objectifs ? Et bien, si vous le croyez, voici de quoi vous démontrer le contraire.

Wikipedia :
C’est avec l'avènement des conquêtes territoriales que se constitue la nécessité d'unifier un territoire par la langue, afin de pouvoir transmettre les règles administratives. Ivan Illitch le décrit pour la genèse de la grammaire espagnole de Nebrija dans ses travaux sur la disparition de l'usage de la langue vernaculaire. En France c'est Richelieu qui initie ce mouvement d'unification du territoire par la langue, pendant aux conquêtes territoriales sous Louis XIV. La monarchie absolue exige aussi le contrôle des esprit par le contrôle de la langue. Les grammairiens du XVIIe siècle entreprennent donc de réformer la langue pour la codifier et l'Académie française fondée par Richelieu en 1635 devient la gardienne des règles édictées dans le domaine de la langue française. Les statuts de l'Académie sont clairs : « La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences (article XXIV). »

Chaque langue possède ses règles d'accord : dans les langues classiques (latin, grec ancien) puis dans nombre de langues-filles (français, espagnol, etc.), quand un même terme doit s'accorder en genre avec plusieurs mots, c'est le genre indifférencié, c'est-à-dire le masculin, qui s'applique. On dira « ils sont grands » en parlant d'enfants parmi lesquels il y a au moins un garçon : ils se met au masculin, de même que grands.

La langue française dans son usage traditionnel ne masquait pas le féminin. Le début de l'utilisation et de la prééminence du masculin est datée historiquement et n'a pas été imposée sans résistance.

À noter toutefois qu'en grec ancien, en latin ainsi que dans le français oral (jusqu'au XVIIIe siècle), l'accord prépondérant semble avoir été l'accord de proximité. Ainsi, le verbe prenait la marque, d'abord en cas, genre et nombre, puis seulement en genre, du substantif le plus proche. Ainsi au XVIIe siècle, on aurait dit « Le chat et la souris sont belles » et non « le chat et la souris sont beaux ». La règle de la primauté du genre masculin sur le féminin se développe au XVIIe siècle dans une société inégalitaire et s'impose au XVIIIe siècle depuis le postulat de l'abbé Bouhours qui affirme dans ses Remarques nouvelles sur la langue française écrites en 1675 que « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte ». Le grammairien Nicolas Beauzée complète dans sa Grammaire générale en 1767 : « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ».


Sur la question de l'accord en genre, un grammairien faisant figure d'autorité, Claude Favre de Vaugelas affirme en 1647 dans un ouvrage de grammaire qui devient vite une référence majeure : « Le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer chaque fois que le féminin et le masculin se trouvent ensemble. » [...] Vaugelas note-t-il lui même la résistance des femmes de Cour à cette masculinisation et propose-t-il de se soumettre à l'usage : « Néanmoins, puisque toutes les femmes aux lieux où l'on parle bien, disent la et non le, peut-être que l'usage l'emportera sur la raison, et que ce ne sera plus une faute. »


Les gens clamant qu'en français, ce n'est pas sexiste que le masculin l'emporte, se fourrent une poutre dans l'oeil.

Wikipedia :
Comme on l'a vu le genre n'est pas strictement lié au sexe. Il n'en reste pas moins que dans les langues qui possèdent un genre, ce genre recoupe l'opposition de sens mâle-femelle quand il s'agit d'être animés sexués (dont les êtres humains). De là, la représentation de l'opposition masculin-féminin comme renvoyant à la répartition des sexes, une représentation qui est lourde de conséquences sur le plan social (occultation du rôle joué par les femmes sur la scène publique, résistances psychologiques à la candidature à des postes offerts au masculin, etc.).

Partie 3 : Comment la langue nous force à être sexistes**

L'académie française refuse encore aujourd'hui de féminiser certains noms de métiers, donc tous les mots n'ont pas de pendant féminin.
Ainsi, je ne serai jamais Ingénieure, mais bien Ingénieur. Jamais Cheffe d'entreprise, mais Chef d'entreprise.
En quoi est-ce un problème ? Et bien, je pense que cela explique pourquoi certaines personnes pensent encore aujourd'hui que les femmes n'ont rien à faire dans certains corps de métier. Que ce soient les femmes ou les hommes, ou les autres. Sur une promotion de cinquante ingénieur.e.s en devenir, nous sommes six filles. Un dizième.

Quand vous pensez, vous utilisez la langue française. Et en utilisant la langue française, vous savez que quand un groupe de 100 personnes contient 99 femmes et 1 homme, on dit "ils" pour les désigner. D'ailleurs, vous vous dites peut-être même que l'homme parmi les 99 femmes doit être bien chanceux (bizarrement, m'imaginer au milieu de 99 hommes ne me fait pas me dire que j'ai de la chance), marrant non ?
Si nous ne construisons pas notre langue pour permettre à notre pensée d'être universaliste, alors nous ne le serons pas car nous ne pourrons penser que "sexistement", en séparant rhinocéros féminin et masculin, en leur attribuant des rôles et des compétences "innées" qui seraient dues à leur sexe mais en fait ne font que correspondre à ce que culturellement on leur enseigne depuis des années. Si notre langue ne définit pas un concept, nous ne pouvons pas y réfléchir. Or, le fait que notre langue soit implicitement sexiste nous pousse à penser sexiste. Donc pour moi, c'est un problème.

La langue française ne sera pas forcément plus pénible à apprendre, au contraire : si on instaure un rhinocéros neutre, l'apprentissage des genres féminins et masculins ne seraient plus obligatoires. Je pense qu'ici, on peut tous s'accorder sur le fait que les fautes parce qu'on oublie un -e à un mot féminin ou un mot accordé au rhinocéros féminin sont légions, par exemple.

dimanche 05 mars 2017 à 05h07 par Darck Crystale | # | commenter

smiley : heart Fin d'année

Joyeux Noël je l'espère à tous !

dimanche 25 décembre 2016 à 20h46 par Darck Crystale | # | 3 commentaires

smiley : broken_heart La violence des gens les débats

Je passais juste écrire une petite note, pour penser à vous retranscrire ce que je me suis farcis ya pas longtemps comme discussions avec des arriérés... C'était pas très agréable.

jeudi 01 décembre 2016 à 04h55 par Darck Crystale | # | 3 commentaires

smiley : envelope État de la situation

Je ne suis pas particulièrement affiliée à un parti politique. Lors des précédentes élections, je me suis tournée vers le Parti Socialiste, en la personne en premier lieu de M. François Hollande (qui promettait le changement, justement ça m'arrangeait parce que la destruction des acquis sociaux engagée par M. Sarkozy m'inquiétait) puis de M. Erwan Binet lors des élections départementales (je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voter pour les régionales).

Premier constat : j'en suis déçue. J'ai l'impression d'avoir été le didon de la farce. Mon vote pour M. Hollade, motivé par l'espoir d'un renouveau social, est finalement discrédité, partout : dans les médias, dans la bouche des gens, qui insultent cette personne et ceux qui l'ont placé à la tête du gouvernement. J'ai le sentiment d'être traitée de "bisounours", de personne naïve, de rêveuse. Sans parler du côté sexiste de ces piques, on en est au point où on m'explique que : "la politique, c'est fait pour les grands, maintenant laisse-nous travailler et retourne jouer dans ta chambre.".

Je suis donc doublement déçue : d'abord par la politique de M. Hollande et de son gouvernement. D'ailleurs, pourquoi ce serait son gouvernement à lui ? Et pourquoi ce ne serait pas le mien à moi ? Ou le nôtre à nous ?! Ensuite, par ce qui en découle, c'est à dire le discrédit jeté sur ma maturité politique et sociale.

Second constat : j'ai peur. Je vis dans un sentiment d'insécurité grandissant, moi, en tant que "petite gens", en tant que "pauvre", en tant que "mère célibataire", en tant que "jeune", en tant qu'"étudiante", en tant que "femme". Parce que j'ai la sensation que des personnes autour de moi vont pouvoir avoir encore plus de pouvoir sur le cours de mon existence qu'ils n'en ont déjà. Quand un collègue de travail qui possède deux appartements achetés grâce à son salaire, qui sort d'une école privée, commence à expliquer que "le pays a besoin d'un économiste au pouvoir", j'ai le sentiment que cet personne ne comprend pas que ce qu'elle dit signifie "les gens aisés, la classe moyenne-haute, a besoin que quelqu'un les aide à gagner encore plus d'argent parce que les impôts leur en prennent trop". Sauf que les impôts, là, ce sont eux qui m'aident à vivre. Parce que mon misérable salaire de 1500€ par mois (et encore, c'est beaucoup par rapport à ce par quoi je suis passée !) ne suffira clairement jamais à assurer ma subsistance dans des conditions acceptables. Oui, j'ai un loyer de 840€ par mois. Parce que j'en ai eu assez de vivre dans des taudis, et que je voulais un endroit assez grand pour pouvoir avoir une chambre à moi et une pour mon fils, un endroit où il fasse bon vivre. Et c'est le prix d'un endroit pareil, dans le quartier où il fallait que j'habite pour être capable de finir mes études.

Si on fait les comptes rapidement, on obtient ceci :

 Label Entrées Sorties
Salaire ~ 1500€  
APL ~ 350€  
Prime d'activité ~ 350€  
Participation aux frais de garde ~ 170€ (en fonction du salaire du babysitter)  
Loyer ~ 840€
Gaz - Électricité ~ 100€
Téléphonie - Internet ~ 40€ (tous forfaits confondus)
Cantines - Garde périscolaire ~ 150€ (je mange aussi à la cantine à midi)
Assurances diverses ~ 120€
Salaire babysitter + charges ~ 210€
Essence (trajets domicile - école à moi et domicile - grands parents pour les vacances) ~ 125€
TOTAL ~ 2370€ ~ 1585€

Il me reste ainsi environ 785€ par mois pour assurer le reste des dépenses. On peut compter entre 90 et 140€ de courses alimentaires par semaine. Il reste donc après le paiement de l'essentiel ~380€ au mieux, ~155€ au pire. Ce qui fait de dès qu'un événement tel que Noël, un anniversaire, un aller-retour imprévu... se produit, et bien je ne peux pas épargner. À l'heure actuelle, j'ai 400€ d'épargne sur un livret A, tout ce qu'il me restait d'avant ayant été investi dans l'achat de la voiture qui me permet de faire mes études et d'aller travailler.

Si on enlève les aides, je ne peux plus vivre. Si on enlève la sécurité sociale, je ne peux plus vivre. Parce que quand je fais une infection le week-end et que la note de médecin est de 69€, je suis contente de pouvoir être remboursée. Et c'est pour cette raison que je suis inquiète. Pas besoin d'un économiste, qui viendra ponctionner la sécu pour augmenter ma prime d'activité et au final se féliciter d'avoir créé le salaire à vie, par exemple : pour moi, ça reviendra au même, en plus dangereux. Parce qu'en cas d'imprévu, d'hospitalisation par exemple, il faudra casquer. Ou payer des assurances privées. Ce que je refuse, parce que c'est prendre l'argent des petits pour engraisser les gros.

mercredi 16 novembre 2016 à 15h38 par Darck Crystale | # | commenter

smiley : envelope On parlait d'infarctus ? What a coincidence...

C'est assez drôle que Fleur ait parlé de l'infarctus de DJM et des symptômes du truc. Mon père a fait un très gros infarctus ce dimanche (le 13 au soir). Vu ce que ma mère m'a raconté au téléphone hier soir, il a à mon avis failli mourir à ce moment-là. Bah oui, parce que les symptômes ont dû commencer vers 17h et qu'il n'a été pris en charge à l'hôpital qu'à 18h30/19h...

C'est abominable.

Au début, je voulais écrire "incroyable", mais ce n'est pas assez fort. Et pas assez péjoratif.

 

Ma mère a appelé le 15, qui était occupé.

Puis elle a appelé le 18, qui lui a dit qu'ils ne pouvaient pas lui envoyer de secours (ils ne savaient pas encore qu'il s'agissait d'un infarctus, les symptômes étaient : mal dans les deux bras de manière intolérable -connaissant mon père = beaucoup beaucoup de douleur-, difficultés à respirer, et toux qui a commencé au moment où maman a appelé les secours) et qu'ils la redirigeaient vers le 15.

Le 15 qui la renvoie vers un médecin de garde, qui va les rappeler.

20 minutes plus tard, ma mère décide d'emmener mon père à l'hôpital (~20 à 30 minutes de la maison en voiture), le médecin rappelle à ce moment-là, elle lui explique qu'elle part pour l'hôpital.

Traversée de la porte d'entrée à la voiture = 30 bons mètres. Ma mère doit faire 1m55, mon père 1m75, ça a pas dû être facile, elle m'a dit qu'elle a espéré qu'il n'allait pas s'effondrer avant la voiture, elle n'aurait pas pu le porter.

Trajet jusqu'à l'hôpital en lui posant des questions.

Arrivée à l'hôpital, garée à l'arrache devant les urgences, elle va chercher du secours.

Revenus à la voiture, mon père qui a vomi suite au malaise qu'il est en train de faire, il est pris en charge de suite et ma mère est laissée là, seule, avec le service de sécurité qui lui demande de dégager car elle est en zone de non-stationnement...

Elle a attendu après avoir garé et rapidement lavé la voiture, un quart d'heure, et l'infirmier qui avait pris mon père en charge, en partant, est allé la voir pour lui dire que mon père était en train de faire un gros infarctus et qu'il allait être transporté dans un hôpital à Lyon.

Le temps de faire les papiers, elle l'a vu passer en brancard, avec un urgentiste qui lui a donné l'adresse de l'endroit où ils le transféraient. Elle m'a appelé à ce moment-là pour me tenir au courant, puis elle est repassée à la maison pour demander à quelqu'un de l'accompagner parce que faire la route seule ne lui semblait pas possible.

Le temps d'arriver au second hôpital, mon père était opéré, et surtout sauvé... Ils lui ont posé 3 stents à ce moment-là, ce sont des petits tubes souples en métal qu'on met dans les artères pour les obliger à rester bien ouvertes. Ils ont dit à ma mère qu'il allait rester sous haute surveillance toute la nuit.

 

Je sais pas vous, mais moi, d'avoir entendu l'histoire, j'ai pleuré, de rage ! Qu'est-ce que c'est que ces services d'urgence de MERDE ? Si ma mère n'avait pas eu de voiture ? Hein ? Et si mon père était tombé en arrêt cardiaque dans les 20 minutes entre le 15 et le médecin ? Ou dans la voiture en direction de l'hôpital ?

 

J'ai appelé dimanche soir pour avoir des infos, maman m'avait dit que ça allait (c'était après qu'il ait été opéré).

J'ai rappelé hier, c'est là qu'elle m'a raconté ce qu'il s'est passé. Je ne me sentais vraiment pas bien, à ce moment-là. Et à chaque fois que j'y repense, j'ai la poitrine qui se serre et j'ai besoin de respirer fort pour ne pas pleurer.

mardi 15 novembre 2016 à 10h37 par Darck Crystale | # | 7 commentaires

smiley : envelope Un essai de micronouvelle - Liberté

Iel est assis sur une chaise.

Ses parents lui prennent la tête, comme quoi iel appelle pas assez souvent. Iel est prisonnier de cette obligation.

Iel a le choix entre faire des études ou gagner de quoi manger. Iel a-t-il vraiment la liberté de son avenir ?

Iel a un enfant. Il faut le lever à 7h30, l'emmener à l'école à 8h30, aller le chercher à 18h30 au plus tard, lui faire à manger pour 19h, et le coucher à 20h. Iel est encastré dans ce rythme.

Son physique est un problème. Iel entend régulièrement des critiques sur son poids, sur ses cheveux, sur sa pilosité faciale. Iel n'a pas le choix de son apparence.

Iel a un salaire presque trop faible par rapport à ses dépenses. Lorsque la comptabilité fait des erreurs sur son buletin de paie, iel est pris à la gorge.

Iel ne peut pas demander de second badge pour le garage. Le syndicat l'enferme dans des problèmes du quotidien.

Iel, c'est moi, c'est vous, c'est ton père, c'est ta tante, c'est ta caissière, c'est le type qui marchait dans la rue l'autre jour.

 

Et la devise de la France commence par Liberté ?

lundi 10 octobre 2016 à 16h46 par Darck Crystale | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile Ravalement de façade

J'ai profité du travail fait sur un de mes blogs pour commencer à mettre à jour les autres.

 

Celui-là est peut-être illisible quand on voit mal, hésitez pas à le signaler, je corrigerai le truc.

mardi 20 septembre 2016 à 10h29 par Darck Crystale | # | 12 commentaires

smiley : lightbulb Exemple de tableau pour klodd

Il est assez simple de fabriquer un tableau sympa sur KarmaOS. C'est juste fastidieux. Je pense qu'il est également possible d'en copier-coller un depuis un logiciel de tableur.

 

Pour le faire à la main, il faut cliquer sur le bouton Source et copier coller le code suivant :

<table>
    <tbody>
        <tr>
            <td>dates</td>
            <td>01</td>
            <td>02</td>
            <td>03</td>
            <td>04</td>
            <td>05</td>
            <td>06</td>
            <td>07</td>
        </tr>
        <tr>
            <td>prise</td>
            <td>40</td>
            <td>140</td>
            <td>40</td>
            <td>40</td>
            <td>40</td>
            <td>40</td>
            <td>80</td>
        </tr>
        <tr>
            <td>craving</td>
            <td>?</td>
            <td>0</td>
            <td>0</td>
            <td>0</td>
            <td>2</td>
            <td>4</td>
            <td>4</td>
        </tr>
        <tr>
        </tr>
    </tbody>
</table>

 

Une fois copié, on reclique sur Source. On obtient alors ceci :

 

dates 01 02 03 04 05 06 07
prise 40 140 40 40 40 40 80
craving ? 0 0 0 2 4 4

Qui est redimensionnable !

 

Pour ma part, j'ai des règles CSS qui s'appliquent en plus, qu'on peut rajouter en cliquant sur CSS dans la boîte "Ce blog", les voici :

table, tr, td {
    border-collapse: collapse;
    border: 1px solid black;
    text-align: center;
}

 

mercredi 07 septembre 2016 à 09h37 par Darck Crystale | # | 2 commentaires

smiley : thumbs_down Un texte jamais publié sur Facebook (j'aurais dû le faire) - le Docteur Votadoro

Ça fait plusieurs jours que j'hésite à poster un truc. Ça fait même une semaine tout pile. Mais franchement, je pense pas pouvoir ne pas le faire. J'y ai réfléchi, et non, je ne peux vraiment pas fermer ma gueule.

Toi, public, accroche toi. Ya 20093 caractères répartis en 3568 mots dans ce petit pamphlet, c'est mon éditeur de texte préféré qui me l'a dit. Donc si t'as la flemme, t'es pas obligé de le notifier, j'm'en fous, tu fais comme tout le reste du temps et tu restes dans ma pool de contacts facebook sans commenter ou apposer un like approbateur sur ce statut, et tout le monde sera content. Oui, parce que se faire mousser avec des petits "TL, DR", ça va bien, mais on n'est plus en maternelle.

En fait, je sais pas par où commencer. Si je le fais chronologiquement, ça va être long parce qu'il y a quand même deux-trois trucs qui remontent à loin. Donc on va partir de ce qui me gonfle le plus, et puis on verra bien comment ça se ficelle.

Il y a quelques jours, le 28 décembre, j'avais rendez-vous avec le Docteur Votadoro, à Montpellier, dans Polygone (un haut lieu de la vie ici, avec notamment plein de trucs à acheter si vous avez le budget, mon agence immobilière, et un cabinet de gynécologues). J'ai pris rendez-vous avec lui pour entamer une procédure d'avortement, car deux semaines avant, j'avais fait un test de grossesse s'avérant positif et expliquant le fait que depuis quelques temps, j'avais la gerbe H24. Oui, je le nomme, oui, parce que c'est le but, voyez-vous. Ce cher monsieur, on ne m'a pas dit d'entrée au téléphone que j'aurai à faire l'avance pour le voir, mais bon, ça, c'est limite pas grave. Pourquoi lui ? Bah le docteur que je vois d'habitude (Docteur Colomina) m'avait donné deux numéros, le premier répondait pas, le second c'était le cabinet et on m'a dit que ça allait être le Docteur Votadoro qui me verrait.

Je suis donc allée à Polygone, je vous laisse imaginer le monde un 28 décembre, pour ce rendez-vous. Je suis arrivée avec 10 minutes d'avance, parce que c'est bien d'être ponctuel. Avec moi, il y avait Edredombre qui a gentiment accepté de m'accompagner, vu que Y. était au boulot. Après de l'attente debout (c'est assez inconfortable quand on a la gerbe et qu'on voudrait juste passer son temps en Position Latérale de Sécurité), un remplissage de dossier rapide, et de l'attente assise, le """gentil""" Docteur Votadoro (vous avez noté les guillemets ?) nous a accueilli dans son cabinet. D'ailleurs, je mets des guillemets autour de 'gentil', mais je pourrais aussi bien en mettre autour de 'docteur', mais on y reviendra plus tard.

J'ai pas envie de vous passer les détails. Oui, je fais un post public pour ça et je vais mettre des trucs dégueus dedans, mais sérieusement, yen a ras le cul que tout ça soit au mieux entouré de papier dentelle histoire de rendre le truc politiquement correct, ou au pire tu et laissé au creux d'un cabinet médical, au fond d'une poubelle, là où on a mis le papier refilé pour s'essuyer. Donc toi, monsieur le futur employeur, qui lit mon mur pour savoir si je suis freak out ou bien si ça vaut le coup de me prendre dans ta boîte, voici un petit mix CV-lettre de motivation :
Je pense que j'en ai vraiment plus rien à cirer aujourd'hui d'être refoulée à l'entrée d'une boîte qui supporterait pas ce petit côté déglingué qui fait de moi autre chose qu'une plante verte. Ouais, je sais, on m'a déjà refusée en stage, et vous savez pourquoi ? Parce que je suis une "fille mère", une meuf qui a un gosse et pas de mari, ou en tout cas pas le père biologique du gamin. Et ouais, parce qu'il y a des cons partout, même que des fois ils bossent au service RH ou qu'ils sont patrons. Et parfois pour ces cons, bah si on est une femme, pour eux, on a pas le droit d'avoir des gosses hors mariage, mais pas le droit d'avorter non plus, faut pas déconner, et les capotes, c'est le diable, alors tiens, voilà ta belle ceinture de chasteté et ferme-la ma belle. Ouais, en informatique, on m'a refusé un stage d'un mois parce que j'ai un môme et que j'ai eu l'audace de quitter son géniteur. C'est beau, le progrès. Oui, parce que bon, devoir cacher ses opinions politiques, passe encore, mais ya des limites à l'hypocrisie, et bosser dans un environnement qui n'aurait pas accepté ma nature s'il me connaissait, je serais incapable de le tanker aujourd'hui. Donc oui, je vais mettre ce putain de statut en public, sur mon compte officiel, celui que ma famille, mes collègues, mes camarades de classe fréquentent. Parce qu'il y a des choses que des fois, j'ai envie de crier, mais comme j'ai pas la voix assez forte pour qu'elle perce jusqu'à vous, je vais l'écrire et vous l'étaler sur la tronche. Mais pas trop fort quand même : tu te rappelles du début ? Si tu veux pas lire, tu t'arrêtes et ça ira aussi bien.

Reprenons.

Votadoro, c'est un type plutôt jeune, il pourrait avoir l'air cool, enfin c'est pas un vieux con quoi, on s'attendrait pas à ce qu'il ait un comportement détestable. Mais c'est assez rapidement détectable, les gens comme ça. Ils posent des questions, vous regardent avec un sourcil levé et si jamais vous avez le malheur de vous exprimer sur un sujet sur lequel vous avez une expérience personnelle mais pas fait 8 ans d'études, vous rabattent la tronche avec une petite réflexion pas piquée des vers.
La consultation, ça a été rapide. D'ailleurs, c'est le problème. Comment est-ce que vous voulez qu'un gynéco aide quelqu'un à trouver un moyen de contraception adapté s'il pose pas de questions, ou qu'il porte un jugement très dur sur les réponses apportées ? Enfin, il m'a demandé pourquoi j'étais là, je lui ai dit que j'avais fait un test de grossesse, que j'avais vu un médecin le 18 décembre (date à laquelle la non-fameuse semaine incompressible de délai pour faire le choix d'avorter ou non débute), et qu'il m'avait orienté vers la clinique. Il m'a dit ok, et qu'il allait faire une échographie. J'aurais dû me douter du problème quand il m'a dit "Enlevez tout le bas".

Dans ma vie, je me suis faite violer quatre fois.

Dont trois fois par des médecins.

Le viol est défini par le Code pénal (article 222-23) comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise.

Je pense que la plupart des médecins, spécialistes ou pas, n'ont pas compris cette définition. Je veux dire : par surprise. C'est pas comme si on m'avait prévenu. Et franchement, c'est problématique. Disons, que c'est assez destructeur. Comment est-ce que vous voulez aller voir un docteur si vous entrez dans son cabinet la peur au ventre ? Je vous assure que c'est loin d'être sain, et ça empêche pas mal de choses, notamment de prendre soin de soi.

Le Docteur Votadoro ne m'a pas demandé si je voulais une échographie abdominale. Bah oui, ce serait dommage de me rendre une consultation confortable. Mon côté théorie du complot à même tendance à dire que ce serait dommage de m'offrir "un avortement de confort", ou même "du confort dans mon avortement". Que si j'en garde un souvenir traumatisant, peut-être que j'éviterais de récidiver. C'est peut-être un truc, j'en sais rien ! Alors, pour ceux qui ne savent pas, il existe d'autres moyens de faire une échographie que celui qu'on montre dans les jolis films avec des femmes enceintes. Notamment la méthode endovaginale. Avec des mots sales, ça veut dire : se retrouver le cul à poil, les jambes en l'air et un godemiché à ultrasons dans la chatte :D TROP BIEN !

Grâce à sa baguette magique, le Docteur Votadoro a donc déterminé que ma grossesse avait débuté le 30 novembre (quelle précision, je suis sûre que vous en êtes bouche bée). Après ça, il a commencé à remplir le dossier pour la clinique. Il m'a dit "C'est encore bon pour la méthode médicamenteuse, vous appelez ce numéro et elles vous prendront en charge. Vous pourrez discuter avec elles d'un moyen de contraception." et il a posé des questions, du genre si j'avais eu des opérations et mes antécédents en matière de grossesse. Pour votre gouverne, j'ai eu un gosse, et j'avais avorté déjà une fois avant celle-là. Et oui, je suis pour le droit à l'avortement, et aussi pour le respect des autres et de leurs choix. Donc si x décide d'avorter puis cinq ans plus tard d'avoir un gosse, TANT MIEUX ! Et c'est pareil si c'est l'inverse ! Chacun fait ses choix et tout ce qu'on doit faire, c'est les aider à les assumer. Par exemple, surtout pas en répétant à longueur de journée à une fille enceinte "Nan mais tu ferais mieux d'avorter" alors qu'elle a officialisé son choix d'avoir son enfant. Du coup, j'ai dit au docteur que j'avais déjà eu deux grossesses dont une qui avait débouché sur une naissance et une sur un avortement, et il a finit de me classer dans la catégorie des "filles pas responsables qui prennent pas soin d'elles parce que ce sont des petites connes irresponsables". J'adore cette étiquette, parce qu'une fois qu'on vous l'a collée, on a le droit de se servir de vous comme paillasson. D'ailleurs, je ne comprends pas trop pourquoi c'est pas avec lui que j'ai causé de contraception, mais bon.

Quand j'ai commencé à lui expliquer que la pilule, c'est gentil, mais que j'en ai essayé trois qui me faisaient saigner H24 sans que ça étonne qui que ce soit (oui, on m'a dit que c'est normal de saigner tout le temps), dont une micro-dosée, il a levé son sourcil (celui dont je parlais au début) et m'a dit "Des pilules, il en existe beaucoup, vous savez.".

Je suis pas conne. Je suis pas non plus maso. J'ai donc fermé ma gueule devant ce gros con qui venait de me violer et de m'imposer un avortement médicamenteux. J'ai payé mes 69 euros, ce qui me permet de plaisanter sur le fait que je me suis faite violer une seconde fois, mais avec du gravier, pour bien accentuer le truc (et ouais, tu payes ton échographie aussi cher).

Il existe deux méthodes pour avorter : médicamenteuse et chirurgicale/instrumentale. La médicamenteuse, c'est prendre des pilules qui déclenchent une fausse couche. On peut le faire jusqu'à la fin de la cinquième semaine de grossesse (soit à peu près 7 semaines après les dernières règles). Je vous laisse consulter ce lien : http://www.ivg.social-sante.gouv.fr/ivg-medicamenteuse.html
Ce n'est pas envisageable pour moi. Je refuse de me déplacer deux fois dans un établissement de santé pour ça, je refuse d'avoir mal, et surtout je refuse de me retrouver chez moi, à saigner peut-être mais on sait pas trop parce que de toute façon, c'est normal de saigner ou de ne pas saigner. Oui, j'ai un problème avec la science médecine, mais j'y reviendrai.
La seconde méthode consiste à aller à l'hôpital se faire aspirer le contenu de l'utérus lors d'une opération, qui peut être faite sous anesthésie générale ou locale (de type péridurale, on est conscient mais on ne sent pas le bas de son corps). Idéalement, il faut attendre 7 semaines de grossesse (donc à peu près 9 semaines après les dernières règles) pour y recourir, en dessous le risque d'échec est trop élevé, m'a-t-on affirmé au téléphone. De la même manière, n'hésitez pas à lire ceci : http://www.ivg.social-sante.gouv.fr/ivg-instrumentale.html
(je viens de tomber sur ce petit paragraphe : << Les femmes qui choisissent l'IVG chirurgicale ont généralement dépassé les 7 semaines de grossesse ou ne désirent pas vivre le traumatisme d'un avortement médicamenteux dans la solitude de leurs toilettes ou de leur salle de bain, comme c'est souvent le cas pour celles qui optent pour l'IVG chimique hors établissement de santé. >>)

Mon premier avortement avait été chirurgical sous anesthésie générale.

De retour à la maison, Edredombre était juste cassé en deux (lui, les histoires de viol, ça lui pose un réel problème de conscience, vous voyez, pas comme à d'autres). Moi, bah j'étais cassée en deux, aussi. Genre "Mais qu'est-ce que je fous dans ce monde de merde ? On est encore au moyen-âge ? Ou alors c'est moi qui suis trop sensible, c'est pas possible ! Comment est-ce que ce genre de personne peut exercer ?" et autres considérations métaphysiques accompagnées d'une envie de vomir ma haine un peu partout. Le pire, ça a été de relater ça à Y. et T., je vous raconte pas le malaise total de devoir revivre le truc. On a décidé que je n'avorterais pas par médicament.

Le lendemain, on a appelé le numéro donné par le Docteur Votadoro. On leur a demandé si c'était possible d'avoir le choix dans la méthode (hey, au pire, on aurait raccroché et attendu que le délai soit dépassé). La meuf, elle avait l'air étonné que je veuille pas de cette méthode-là. Elle nous a dit, pas de souci. Elle nous a dit aussi que c'est le docteur... Votadoro qui s'occupe de ça.

LA JOIE DANS LE CŒUR !

J'ai dit que hors de question de revoir ce type.

On a cherché le contact de l’hôpital public, on les a appelés, j'ai eu un rendez-vous pour le 11 janvier. C'était ok pour les délais, étant donné qu'on a le droit d'avorter jusqu'à 12 semaines de grossesse et que j'en étais a priori à 4 semaines au moment où j'ai appelé, et qu'on m'a assuré que l'avortement serait rapidement fait après ce premier rendez-vous.

J'ai passé les deux semaines consécutives les plus horribles de ma vie. Et je pèse mes mots. Il faut savoir que la grossesse me rend malade comme un chien. J'ai envie de dormir à des moment aléatoire et incongrus, mais pas envie quand je devrais. J'ai faim, mais rien ne me fait envie. Je dois manger peu pour éviter de vomir, mais souvent sinon ça finit par me faire mal au ventre. Je ne peux plus boire d'eau parce que ça me donne envie de vomir, donc je me déshydrate. Je n'ai vomi qu'une seule fois, j'en suis fière ! Et merci à Y. et Edredombre de m'avoir supportée dans cet état, c'était pas easy et je sais que vous avez fait des putains d'efforts, big up.

Lundi matin, je suis allée à l'hosto. Et c'était cool. Vraiment. Meilleur accueil, ça n'existe pas. J'ai été vraiment époustouflée de voir le contraste avec ce que je m'étais tapé. J'ai eu d'affilée une consultation avec une interne, une sage-femme et un anesthésiste. Edredombre était encore là (il me suit, je l'ai adopté et de temps en temps je lui donne un os à mâcher).
L'interne qui m'a reçue a été très sympa. Jamais dans le jugement. Des questions simples et claires. On a discuté de pourquoi j'étais enceinte, je lui ai dit que la pilule, je ne peux pas, qu'on m'avait proposé le stérilet en cuivre, à poser direct lors de mon premier avortement, mais que finalement ça ne s'était pas fait, au dernier moment. Que je n'avais pas revu de médecin par la suite pour m'en faire poser un (vous vous rappelez du paragraphe sur le viol par les médecins, et la peur au ventre, and co ?) et que du coup c'était préservatifs. Je lui ai pas dit, mais je le précise ici : étant allergique au latex, les boîtes que j'utilise, ça coûte entre 8 et 10€ les dix. C'est un réel budget, et d'ailleurs je ne comprends pas que ce ne soit pas remboursé par la sécu. Elle m'a dit que si j'étais toujours intéressée par la pose d'un stérilet, qu'ils pouvaient m'en mettre un pendant l'opération. J'ai décidé de faire la fille responsable (pour changer, LOL) et j'ai dit ok. Elle m'a refait une échographie, parce que les clichés du Docteur Votadoro étaient pas assez précis pour elle. Elle était abdominale. Elle m'a dit aussi que si elle ne voyait rien, elle risquait de devoir passer en endovaginale. Vous voyez, c'est pas compliqué de prévenir, merde ! On a regardé l'échographie. Un embryon, à cet âge, ça ressemble à un gros haricot rouge, avec des bras et des jambes. Et ça bouge vachement. Des fois, quand j'y repense, ça me fait mal, mais c'est une autre histoire.

L'échographie a permit de déterminer que la grossesse datait du 7 novembre.

Vous pouvez scroll. Le """docteur""" Votadoro avait donné la date du 30 novembre. Vous savez ce que ça fait, en nombre de jours ? On obtient un décalage de 23 jours. C'est plus de trois semaines. J'aurais avorté de manière médicamenteuse à au moins huit semaines de grossesse. Je n'ai pas envie de m'attarder sur ça. Mais franchement, je peux vous dire que quand j'ai fait les calculs, ça m'a fait une troisième fois mal au fion.

J'ai avorté le 13 janvier. Tout s'est très bien passé. Depuis, j'ai mal au ventre, des fois. Le spasfon est devenu mon meilleur ami. J'ai la visite de contrôle le 29 janvier au matin.

Vous savez comment on enlève/change un stérilet ?

Vous savez ce qu'il y a écrit sur la notice du mien ?

Vous savez ce que c'est de se balader avec l'étiquette de quelqu'un de pas responsable sur la tronche ?

J'ai fait de nombreux choix dans ma vie. S'il y en a que j'assume pleinement, ce sont bien mon gosse, et mes deux avortements. S'il y en a que je subis, c'est la pose d'un stérilet parce que "Comme ça, on arrêtera de me faire chier bordel de merde". J'aurais voulu me faire clipser les trompes. D'ailleurs, big up aussi à la maman de Edredombre qui a longuement discuté avec moi, c'est quelqu'un de cool. Mais il y a un délai de 4 mois pour bien avoir le temps de se décider, pour les clips. Et puis, il faut le considérer comme définitif. D'ailleurs, regardez ce document : http://www.choisirsacontraception.fr/pdf/sterilisation.pdf
Monsieur, si tu veux te faire stériliser, n'aie pas d'inquiétude ! Nous pouvons conserver un peu du contenu de tes couilles si jamais tu veux des gosses quand même !
Madame, si tu veux te faire stériliser, tu dois considérer ça comme définitif ! Même si c'est aléatoire ! Et si jamais tu veux des enfants plus tard, ne t'en fais pas, tu seras traitée comme une gamine qui a fait un caprice ! Non, on ne précise rien quant à la conservation éventuelle d'un ou de plusieurs oeufs. Faut pas déconner !

Pour enlever un stérilet, on prend une pince, on attrape les fils qui dépassent du col de l'utérus, on dit à la bonne femme de tousser un coup et paf, on tire.

Oui, c'est douloureux. Mais vous en faites pas, ça dure pas longtemps !

J'attends ce moment avec joie.

Sur la notice de mon stérilet, il est écrit : << Le ou les mécanismes d'action des DIU [Dispositif Intra Utérin, NDA] sont encore mal connus. Des études récentes montrent que le mécanisme d'action le plus probable est lié à la présence de cuivre. Les DIU au cuivre empêchent la fécondation par action sur la vitalité des spermatozoïdes. Le cuivre aurait également une action sur la vitalité de l'ovule : c'est pourquoi les DIU ne sont plus considérés comme moyens de contraception pouvant avoir un effet abortif. >>
On l'utilise depuis des années.
On ne sais pas comment il fonctionne.
Mais ça fonctionne, alors c'est ok.
En plus sur le mien, ya la Joconde dessinée, si c'est pas la classe.

Je sais pas quoi dire pour conclure. Pourquoi pas un petit paragraphe du style : "Je hais ce monde où la majorité des moyens de contraception sont féminins, et où ceux qui existent pour les mecs sont soit totalement invasif (cf vasectomie) soit non remboursés (cf préservatifs). Je hais ce monde où des médecins peuvent en arriver à nous examiner comme des vaches à l'abattoir, et au suivant, un peu comme Jacques Brel chantait. Je hais ce monde où des professionnels de santé cherchent à nous forcer la main pour faire un choix dicté par leurs opinions personnelles et non par nos besoins et spécificités. Je hais ce monde où on s'en fiche de demander à une femme si elle accepte qu'on lui foute des trucs à l'intérieur avant de le faire, parce qu'on est médecin et qu'on a donc tous les droits. Je hais ce monde qui préfère me dire que je suis irresponsable et une petite conne plutôt que d'essayer de comprendre pourquoi j'en arrive là. Je hais ce monde parce qu'il m'a conduit dans le cabinet du Docteur Votadoro par une succession de coïncidences et de faits qui me sont tombés dessus et ont influencés ma manière d'exister. Et je hais la communauté Yelp, qui pour le coup, n'a vraiment pas un avis très précis sur ce gynéco."

Je te laisse, jeune petit public. J'espère que t'as au moins autant mal au cul que moi d'avoir lu ça. Et si tu veux, je serai en dédicace du 25 février au 31 mars dans les environs de chez moi, si tu veux débattre de ce que j'ai écrit.

lundi 05 septembre 2016 à 10h34 par Darck Crystale | # | 11 commentaires

smiley : envelope Le week-end dernier - Partie 2

Dans les épisodes précédents : paroles-et-tralalas.karmaos.com/post/158

Je vais essayer d'utiliser des techniques de communication non violente pour en parler, afin que ce soit le plus clair possible et que mon point de vue soit compréhensible, c'est à dire qu'on ne s'arrête pas sur la forme alors que c'est le fond qui prime.

Nous sommes rentrés dimanche dans la journée. T. et moi nous sommes arrêtés sur une aire d'autoroute pour changer de conducteur, profitant de la halte pour manger une glace et boire. Le GPS annonçait 2h06 de trajet, nous n'avons pas mis bien plus de temps. La première partie du voyage s'est déroulée dans la campagne, c'était assez sympa une fois qu'on a eu quitté les routes de montagne (ni T. ni moi ne sommes à l'aise là-dedans).

Une fois à la maison, on a commencé à ranger, parce que l'appartement est en ce moment un vrai merdier, c'est une catastrophe. Pendant la précédente période école, on a eu une semaine de projet et pas mal de devoirs, plus des rendez-vous pour le nain, on s'était franchement laissé aller côté rangement/nettoyage, ça en devenait invivable. On a rangé la cuisine, puis j'ai monté les étagères qui étaient en petits morceaux depuis un moment sur le plan de travail, j'ai rangé les bouteilles (condiments et alcools forts) dessus, j'ai nettoyé le plan de travail et remis les épices dans l'ordre. T. a rempli et lancé le lave-vaisselle. Il a nettoyé un certain nombre de trucs aussi, mais j'avoue ne pas avoir fait attention aux détails. Je me suis disputée avec T. en faisant ça, à cause je suppose de ma patience rongée par les événements de la matinée, ce qui fait que le montage des étagères s'est fait en deux fois, avec un bain au milieu pour me calmer.

Nous sommes ensuite sortis pour aller au lavomatic, vers 18h45, parce que ma couette sentait trop le tabac pour qu'il soit agréable de dormir dedans. Pendant le trajet, nous avons discuté et nous nous sommes une seconde fois disputés. Arrivés au lavomatic, nous avons passé une heure sans nous parler. Nous sommes rentrés, toujours en froid, j'ai étendu les couettes et je suis allée m'allonger. Je me suis endormie, et T. a fini par me rejoindre, en travers du lit. Nous nous sommes réconciliés et avons convenu de reparler de ça plus tard.

Pause : Malheureusement, j'écris la fin de ce texte plusieurs jours plus tard, j'ai donc perdu énormément de souvenirs de cette journée...

Le soir, j'ai demandé à Edredombre s'il voulait m'appeler, ce qu'il a fait. J'ai mis le téléphone en haut parleur pour que T. et Yann puissent entendre la conversation. Edredombre m'a dit que la maison dans laquelle ils allaient passer les prochains jours n'avaient pas l'eau courante, et qu'ils s'en étaient aperçus en arrivant. Il m'a également dit que ses parents passaient leur temps à remettre en cause son autorité sur le nain, et à lui dire à la fois que nous étions trop contraignants et qu'on lui passait tout (au nain). Il m'a dit que son père, en arrivant, lui avait dit qu'il ne souhaitait plus faire de camping avec nous, car nous n'avions rien fait au chalet le week-end du mariage, et donc que nous sommes des fainéants et des égoïstes.

Dans la vie, j'essaye de me consacrer aux autres un maximum. Par exemple, j'ai laissé ma chambre à Edredombre, le temps que nous lui fabriquions son lit, pour qu'il puisse passer la nuit sur son PC sans déranger personne (il est insomniaque). Cette situation provoque de l'inconfort pour moi, mais je le fais quand même. Je passe aussi du temps à essayer de finir mes études dans une école que je n'aime pas et dans une entreprise que je n'aime pas pour avoir un salaire suffisamment élevé pour assurer à ma famille un pouvoir d'achat assez haut et garantir leur confort. L'insulte "égoïste" passe donc extrêmement mal. Les deux seules personnes m'ayant sorti ça sont ma mère et le père de Edredombre. Ma mère me l'a dit en face au cours de la seule "discussion" (comprendre "dispute ou j'ai tenté de lui exprimer mon point de vue sur la vie") que nous ayons jamais eu, et le père de Edredombre a fait la réflexion dans mon dos (chose que je ne supporte pas, dû à mon passif de personne qui a été bully).

J'ai donc explosé. Pas littéralement, encore heureux ! Mais c'était trop. Trop de n'importe quoi d'affilée.

J'ai demandé à Edredombre de me passer son père et j'ai commencé à essayer de discuter avec celui-ci. J'ai dit que je ne voulais plus qu'ils gardent mon fils dans ces conditions, et que ce qu'ils faisaient était intolérable. Après la cinquième fois qu'il m'ait coupé la parole, n'en pouvant plus et étant excédée du comportement de cet homme, je me suis mise à hurler (T. s'est réfugié dans la chambre, les disputes le font se sentir mal). Hurler comme il ne m'est arrivé qu'une autre fois de hurler, contre la manager des Temps d'Accueil Périscolaire de Nîmes, qui nous avait traités de menteurs, Yann et moi.

Je ne sais plus ce qu'il s'est passé, si j'ai raccroché ou passé directement le téléphone à Yann. Je crois que je l'ai passé à Yann, et je suis allée m'isoler pour réfléchir à une solution. L'aller-retour dure 12/13h à peut près en voiture. Je ne pouvais pas me permettre de le faire, bossant le lendemain, Yann pareil. T. était en vacances, mais je n'allais pas l'envoyer faire ça tout seul, ça aurait été trop dangereux. Le nain avait avec lui à transporter un sac de voyage et son siège auto. Edredombre quant à lui avait son édredon, un sac d'affaires et sa sacoche d'ordinateur portable. Lui demander de revenir en train dans ces conditions n'était donc pas envisageable, d'autant plus qu'il a peur du train. Le covoiturage était également à exclure au vu du volume d'affaires à transporter.

Au bout d'un moment, Yann est venu me rendre le téléphone, en m'expliquant que la mère de Edredombre voulait me parler. Elle m'a dit des choses horribles, mais avec un ton globalement calme, un peu plaintif. Elle m'a dit que Edredombre était son fils, et qu'ils avaient le droit de s'inquiéter pour lui. Que depuis qu'il était avec moi, il était tout le temps fatigué. Que son état (l'état d'Edredombre) l'effrayait. Je n'ai pas compris ce que ça signifiait, dans la conversation. Edredombre quant à lui voulait rester chez ses parents jusqu'à la fin de la semaine, je ne pouvais donc pas du tout compter sur lui pour récupérer le nain. J'ai donc fini par couper la mère de Edredombre, lui disant qu'elle avait pris en otage mon fils puisque je n'avais aucun moyen de le faire revenir, et donc qu'ils allaient le garder comme convenu, mais que je ne voulais plus parler avec eux. Je lui ai ensuite repassé Yann (qui me faisais des signes comme quoi il ne voulait pas, mais je n'étais pas en état de clore une conversation). Il devait être 23h et des brouettes.

Une fois le téléphone raccroché, je me suis mise à pleurer, et à demander à Yann et à T. si j'avais bien fait de faire ça ou pas, du fait que ma réaction avait été extrêmement violente. Ils m'ont dit que le comportement des parents de Edredombre dépassait l'entendement, et que même si j'avais explosé, ils comprenaient ma réaction.

mercredi 27 juillet 2016 à 12h42 par Darck Crystale | # | 3 commentaires
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