On m'a dit qu'on pouvait répondre à ses questions par des compromis. Suis-je prête à en faire ?
Se voiler la face, est-ce que je fais ou ce que les autres font ?
Oublier ses question sera-t-elle longtemps une solution ?
Je n'en serai jamais à boire pour oublier. J'aurai d'autres moyens de me faire du mal afin de délocaliser la douleur. Je ne dis pas que des gens boivent pour oublier. Je dis que je ne le ferai pas.
Je trouverai juste autre chose pour me faire du mal.
Encore.
Comme des pleurs d'enfants aux dents qui poussent qui résonnent dans mon âme.
Comme la honte éprouvée au cours d'une soirée.
Comme le jeu.
L'écriture.
Oublier tout pour se concentrer sur un point de douleur.
Et se frapper la tête contre les murs que l'on construit.
On m'a dit que je suis sûrement dépressive. Que c'est normal avec ce que je vis. Que c'est une période où l'on est plus sensible.
Je pense l'avoir toujours été.
Pas envie de consulter, me retrouver encore et toujours avec des pilules vertes et bleues.
Des inhalateurs.
Des seringues à trimbaler H24 avec moi.
Pas envie de raconter à nouveau ce qui se passe dans ma tête.
Et puis, je ne sais pas parler.
Les mots sont des prisons à sentiments, et ce n'est qu'en écrivant que j'ai la sensation qu'ils déploient tous leurs sens.
Et des pleurs de bébé qui m'arrachent des larmes.
Pourquoi l'animal humain se fait-il autant de mal ?
Pourquoi est-ce que je ne peux pas réussir à vivre avec mon bagage ?
L'abandonner dans une gare et partir marcher loin, voilà ce dont je rêve.
Mais pas la nuit, la nuit les cauchemars commencent à revenir.
L'angoisse.
Les pulsions.
La frustration.
Tout revient en vague, ce que je croyais avoir perdu.
Et puis, porter deux enfants.
En abandonner un troisième.
Saigner pour vivre.
Vivre pour saigner.
Et surtout
Rester digne.